Il mémorise des situations et des comportements induisant des sensations,
positives ou négatives. Pour autant, je considère que le rappel s’obtient naturellement, et qu’il ne devrait pas faire l’objet d’un travail particulier. Si c’est le cas, des erreurs ont été faites (j’y reviendrai). Les interactions de chiens d’une même meute, sont à peu près exemptes
de rappels, à l’exception des hurlements rassembleurs et des postures
d’invitations au jeu éventuellement. Par conséquent, s’en inspirer pour
l’obtenir n’est guère possible. Conditions préalables au rappel :Idéalement et dans l’optique d’un bon
rappel, il convient de créer sitôt l’acquisition (8
semaines), l’attachement (au sens affectif, pas à une
chaîne). Ça consiste à se substituer à sa
mère et concrètement, à être le seul membre
de la famille à interagir avec le chiot (soins, repas, caresses,
pré éducation, etc.), qui s’endormira
imprégné de l’odeur de l’être
d’attachement (vêtement). Cet attachement exclusif est
nécessaire à son développement
cérébral et n’est possible qu’avec un chiot
de moins de 3 mois. Pendant cette période, et pour en revenir au
rappel, à l’occasion de promenades en liberté dans
des lieux inconnus, profiter d’une distraction du chiot et se
cacher doit le conduire à paniquer laissez-le paniquer un bon
moment, puis réapparaissez et fêtez ça. Cette
panique naturelle va renforcer le lien et favoriser les rappels futurs.
A ce propos, lorsque vous promenez votre chien et qu’il
s’éloigne, lui tourner le dos (de face, même
immobile, le chien « croit » que vous allez
à lui, sa perception visuelle très bonne
latéralement, est passable en profondeur), changer brutalement
de direction etc. vont l’obliger à plus d’attention.
Dans le même soucis ( le rendre attentif), soyez muet, votre voix
le rassure quant à votre proximité et ne renforce donc
pas sa vigilance.
Cas particulierPour certains maîtres (plus nombreux qu’on l’imagine), le problème du rappel ne se pose pas et ne se posera jamais. Ils ne lâcheront en aucun cas leur chien. Souvent des expériences antérieures traumatisantes (chiens écrasés etc.), expliquent leur définitive aversion au lâchage, et la question quasi philosophique, vivre longtemps ou vivre pleinement peut se poser. Mais ça n’est pas l’objet de ces réflexions. Les 4 types de rappel : l’impossible, le possible, le facile
et l’évident.
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Appel téléphonique d’une dame âgée en
détresse, suite à une attaque cérébrale de
son mari qui randonnait beaucoup avec son Labris de 3 ans. Elle réalise
qu’elle ne peut se substituer à son mari pour les activités
et sorties diverses avec son chien car il ne lui obéit pas du tout.
Elle se désole de voir son « petit chéri » condamné
au jardin en lieu et place de promenades en campagne.
- Comprenez bien ma situation et dites moi si vous pouvez m’aider,
peu importe le coût, mais assurez moi d’un diagnostic honnête
et sincère !
Je la rassure quant à mon sérieux et mon honnêteté
et convenons d’un rendez-vous, chez elle bien sûr.
Accueil.
De loin, chien repéré et premières indications (attaché
et très excité à la vue de ma voiture pourtant à
plus de 100 mètres). Aboiements et sauts, un labris tout craché!
Effectivement la dame est âgée mais parait assez alerte.
Son mari se déplace bien difficilement à l’aide de
cannes anglaises.
Le chien est attaché car l’infirmière doit arriver…
Contact chien : sauts et mordillements, pincements et déchirure
de ma veste.
- Il est gentil, pas méchant, foufou ! Me dit-elle.
Je demande la libération du chien qui saute alors autour de moi
en jappant, très forte agitation.
Entrée dans la maison.
Elle m’invite à m’installer dans la petite cuisine
(le salon est réquisitionné pour les soins de son mari).
A droite en entrant, divers colliers et laisses accrochés tout
le long du mur, qu’il faut éviter d’heurter sous peine
d’exciter encore plus le chien. Un martinet aussi, à l’aspect
neuf.
Nous parlons fort pour nous entendre (aboiements incessants du chien nommé
Patou). Petit panier avec coussin à côté du radiateur
de la cuisine.
Très vite il apparaît que Patou est l’enfant de la
maison (elle l’avoue spontanément).
« Il est tellement gentil. », revient comme un leitmotiv.
Elle le défend comme un avocat défendrait son client devant
le juge.
Son mari a été hospitalisé deux mois, ce qui a encore
renforcé ses liens avec Patou qui dort bien sûr dans la chambre
(panier).
Je suis assis et en difficulté (Patou me harcèle vocalement
et physiquement par ses sauts). Il s’interrompt un instant pour
aller gratter la porte du buffet. Aussitôt sa maîtresse se
lève pour chercher une boîte de biscuits.
-Quand il gratte le buffet c’est qu’il veut un biscuit ! S’excuse
t-elle.
Lorsqu’elle a exécuté l’ordre de Patou, l’infirmière
arrive. Heureusement la maîtresse a tout prévu et Patou ne
pouvant sortir de la cuisine, ni nous d’ailleurs, se contente d’aboyer
furieusement en labourant la pauvre porte. On ne s’entend plus.
Les « tais toi Patou », renforcent sa fureur. Enfin, l’infirmière
et le malade se sont eux aussi enfermés dans une pièce,
et un relatif calme s’installe…pas longtemps, Patou essaie
maintenant de dominer l’intrus que je suis en mimant sur moi la
copulation. J’explique la signification de ce comportement indésirable
à sa maîtresse qui pensait qu’il s’agissait d’un
jeu. Je l’informe que la situation est bien dégradée
et qu’il y a à l’évidence un problème
hiérarchique.
-Vous habitez chez votre chien.
Sachant qu’il n’est pas possible de changer radicalement le
comportement des maîtres, je propose de procéder par petites
touches. J’invite la maîtresse à désormais anticiper
les demandes de Patou de manière à ce qu’il n’ait
plus les initiatives (prérogatives des dominants). Cela aura le
mérite de modifier la perception de son positionnement hiérarchique,
sans trop affecter les sentiments anthropo-morphiques de sa maîtresse.
Ce changement fondamental dans leur relation, associé à
une éducation à l’obéissance, me semble la
thérapie indiquée.
Nous convenons d’une série de cinq leçons à
raison d’une par semaine, et fixons la date de la première.
Je la laisse pleine d’espérances et de craintes. Je regagne
tant bien que mal la sortie, et à peine le portail s’est
il refermé que Patou entreprend une spectaculaire stéréotypie
qui consiste à tourner sur lui-même à très
grande vitesse.
Première leçon.
Accueil similaire au premier RDV.
Matériel : collier métallique coulissant, éducatif
et non coercitif, contrairement aux torcatus à griffes, scandaleusement
vendus en grandes surfaces. Longue laisse (2m) en cuir ou tissus, avantages
: légèreté donc sensation d’attachement réduite
; la longueur va en phase de promenade, accorder au chien un périmètre
d’exploration relativement important ; elle va limiter les tensions
qui déclenchent les tractions (phénomènes des chiens
de traîneaux) ; enfin, et en cas de situation phobogène,
elle permet au chien l’évitement indispensable pour qu’une
peur donnée ne se fixe pas. Bien sûr ces remarques concernent
les chiens non obéissants, les autres n’ayant pas ou peu
recours à la laisse.
Patou en laisse, nous sortons du jardin et nous dirigeons sur le chemin
en terre qui dessert une dizaine de maisons. Je demande à la maîtresse
de promener Patou sans s’occuper de moi. Il la traîne vivement
d’une odeur à l’autre, laisse ses messages un peu partout
et aboie furieusement à un congénère lui-même
furieux de voir Patou si proche de son territoire et l’arrosant
qui plus est.
Je prends la laisse et commence à lui inculquer les rudiments de
la marche au pied. Patou est moins fier et baille beaucoup, signe d’une
fragilité émotionnelle évidente (en baillant, il
libère dans son cerveau des substances apaisantes). J’explique
à sa maîtresse qu’il n’a pas envie de dormir…
mais que ma présence et les contraintes que je lui impose éprouvent
son système nerveux. J’ai eu des cas où chaque ordre
était suivi d’un bâillement.
Pour la énième fois j’entends : « il va devenir
votre copain ».
Rassurée quant aux méthodes, elle s’étonne
de voir Patou aussi attentif et timide quoique têtu. En 30 mn, Patou
semble avoir compris ce que j’attends de lui (marcher à mes
côtés sans me dépasser et sans que la laisse ne se
tende). Je tempère les remarques euphoriques de sa maîtresse
en lui signalant qu’il n’est pas d’un grand intérêt
que Patou m’obéisse. Cela démontre uniquement que
Patou « peut ».
-Maintenant, c’est à vous Madame !
Et là évidemment c’est une autre histoire. Patou n’est
plus attentif, la maîtresse s’embrouille, mon travail qui
est d’apprendre à apprendre, commence.
-Mr Perrot, quel est le bon mot ? M’appelle t-elle au secours.
-Il n’existe pas de mots magiques. S’y rapprochent ceux qui
sont parfaitement symétriques au ton, lui-même symétrique
à la gestuelle, le tout à l’instant opportun. Parlez
lui comme à quelqu’un, toujours. Vous n’en serez que
plus naturelle et cohérente. Ne soyez pas rigide, ne vous demandez
pas : comment dois-je me comporter là ? Quand vous aurez la bonne
réponse, le temps écoulé exigera une autre attitude.
Soyez instinctive, ne réfléchissez pas, ou alors comme un
animal, logiquement et vivement !
Inévitablement, dans la première phase de l’éducation,
la phase où les maîtres apprennent à apprendre, on
risque d’obtenir le contraire du but poursuivi. Les incohérences,
hésitations et autres maladresses ne vont pas contribuer à
modifier positivement la position hiérarchique des maîtres,
ce qui est pourtant l’objectif à atteindre. Si on considère
que du point de vue du chien, le chef de meute est directif et sûr
de lui, l’image de son maître à l’occasion de
ses balbutiements en est assez éloignée.J’observe
par conséquent des cas de régressions dans les premiers
temps d’une éducation, heureusement ponctuelles et limitées.
Dans l’absolu, il serait idéal d’entraîner les
maîtres avec de faux chiens dont on commanderait mécaniquement
les comportements…
Avant de laisser Patou et sa maîtresse se reposer, j’insiste
sur un aspect trop négligé et pourtant essentiel à
mes yeux : la laisse et le collier ne doivent pas être synonymes
de travail. Je rencontre trop souvent des chiens qui ont été
ainsi conditionnés. Résultat : laisse /collier = obéissance,
absence = non obéissance. Pour éviter ce phénomène,
j’alterne promenades en laisse et instants de travail. L’important
étant de montrer clairement au chien dans quelle phase (promenade
ou marche au pied) il se trouve. Souvent les demandes sont floues et ambiguës
et l’on voit des chiens hésiter et opter pour des phases
intermédiaires.
Je reviendrai sur cette notion de non conditionnement car elle est la
finalité même de l’éducation d’obéissance
utilitaire. Il m’arrive même d’essayer le conditionnement
inverse (avec des chiens dont l’éducation est avancée)
: travail sans laisse entrecoupé d’instants de détente
en laisse.
… - Mr Perrot, suivant vos conseils je n’ouvre plus la porte
à Patou lorsqu’il la gratte, maintenant il l’ouvre
lui-même !
Etc.
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« c’est pas mon chien… »
« …Vous dites que ça n'est pas votre chien et vous
en occuper depuis peu...
Effectivement, cet état de fait embrouille tout, vous reconnaissez
ne pas le connaître assez pour bien interpréter ses comportements
et implicitement douter de votre contrôle sur lui.
J'ai presque envie de dire tant mieux, le chien n'est pas une machine
qui fonctionnerait moyennant un mode d'emploi appris.
Le contrôle doit être la résultante d'une complicité
et d'une autorité acceptée et méritée, construite
petit à petit, qui jamais ne penche vers la faiblesse (et encore
moins vers la tyrannie)… »
Dominique
« il me paraît imprévisible… »
Il me semble que la question qu’il vous faut vous poser est :
est-il sain ou névrosé ?
Selon la réponse, il vous faudra soit le rééduquer,
soit le soigner…
Dominique
« Nuances entre éducateur et comportementaliste…
»
Bonjour,
Vous avez raison, il faut distinguer le chien sain et le chien
névrosé.
Le premier se bonifiera au contact d'un bon éducateur, le second au contact
d'un bon comportementaliste.
Mais il existe un chien intermédiaire, très répandu, et pour lequel l'éducation
peut être une thérapie. Celui-là est bonifié par l'éducateur-comportementaliste.
Dans nombre de cas, discerner au moyen de la seule étude comportementale
le névrosé léger du sain problématique, est malaisé, les symptômes pouvant
se chevaucher. Une amorce d'éducation va aider à dissiper le doute quant
à sa "catégorie" : à soigner ou à éduquer.
Vous n'ignorez pas la complexité et la diversité des comportements canins,
et les plus objectivées des analyses éthologiques ne peuvent prétendre,
à elles seules, être les réponses exigées.
Bien sympathiquement, Dominique PERROT.
« Mordillements… »
« Bonjour, pour faire simple, je dirai qu'il existe 3 types de
morsures: la morsure maintenue du chien en compétition hiérarchique, la
morsure en fuite du chien dominé et la morsure brève du dominant. J'y
ajoute une 4ème, les mordillements du pré pubère qui teste ses maîtres.
Les tolérer conduit le chien à prendre l'ascendant puisqu'à ses mordillements
provocateurs, vos réponses absentes ou non adaptées diffèrent du registre
des dominants et font le terreau des futures sociopathies. Sa transformation
hormonale induit son potentiel de leader, prêt à régir la famille-meute
s'il "estime" que la place est vacante (vitale pour la survie
de l'espèce en ce sens où une meute non conduite par un meneur est désorganisée
et verra son territoire de chasse confisqué par une autre mieux organisée
etc.). Ou vous le dominez, ou il vous domine, l'égalité n'existe pas.
Il a besoin d'un chef, mais pas d'un tyran...et la frontière est
ténue. En conséquence, la bonne attitude est celle
qu'aurait eu un congénère dominant. C'est à dire
une réponse immédiate et dissuasive (pas de
demi-mesures). Une réponse non spontanée,
décalée, s'avèrerait anxiogène parce
qu'incomprise, et favoriserait des agressions par peur. Une
réponse moyenne conduirait à l'escalade et à des
morsures maintenues de chiens en compétition. Enfin, il est
impératif de stopper vos réponses autoritaires aux
premiers signaux de soumission, ils sont émis dans un but
d'apaisement, et continuer au-delà occasionnerait de graves
désordres communicatifs.
Bien sympathiquement. »
Dominique
« Ok : mais concrètement, qu'est-ce que tu appelles une réponse adaptée ? Je veux dire : quel(s) geste(s) ou quelle(s) attitude(s) ou quel(s) mot(s) tu emploierais pour dominer le prépubère quand il te mordille ? »
D'abord il convient de s'assurer que les mordillements sont de nature
pré-agressive, et non pas un rituel communicatif installé depuis longtemps,
qu'il serait alors désastreux de sanctionner.
Si le contrôle de la morsure a été acquis (rôle de la mère), les mordillements
communicatifs ne sont pas appuyés. S'ils font mal, soit le contrôle de
la morsure n'est pas acquis, soit ils sont alors les prémices d'une domination
gestante. En ce cas d'autres symptômes y sont associés (contrôle de l'espace
territorial du type lieux de passage, positions en hauteur, tendance à
manger accrue en présence des maîtres, marquages territoriaux etc.).
Modifier tous ces paramètres va aider la régression sociale et les velléités
dominantes de type mordillement, vont aussi régresser.
Bien sympathiquement . »
Dominique
Bonsoir,
Que veux dire " Tendance à manger accrue en présence des maîtres"
?
Merci de cette précision.
Salutations.
...à l’état sauvage les dominés assistent aux repas des dominants qui
leur abandonnent les restes.
Dans les foyers, des chiens dominants ou en « compétition »,
reconstituent ce schéma ancestral et l’approche des maîtres déclenche
la prise de nourriture. Inversement, chez des chiens très soumis, la présence
des maîtres inhibe les comportements alimentaires. Seul ce qui se voit
n’a de signification sociale chez les chiens.
Pour compléter ma réponse précédente (comment sanctionner), je dirai que
contrairement à une idée reçue (jamais avec la main), la sanction doit
être corporelle (je n’ai jamais vu une mère de chiots s’armer d’un martinet
ou d’une baguette pour réprimer ses petits). Une saisie manuelle au cou
et un secouement énergique, maintenue jusqu’aux signaux de soumission
me parait appropriée. Pas de coups (les chiens ne se donnent pas de coups).
Si la sanction est spontanée et cohérente, il n’aura pas peur de toi,
mais peur de reproduire le motif de la sanction (en l’occurrence, le mordillement).
Bien sympathiquement. »
Dominique.
« Moi, un être humain, par exemple jogger
- Surgit un chien, pas sympa, qui commence à me poursuivre.
Est-il vrai que si j'ai le courage de m'arrêter et de me présenter à lui de profil, çà désamorcera son agressivité?
Je sais qu'entre congénères canins, le langage passe par des postures
de ce type, mais ce langage est-il transposable aussi simplement entre
un chien et un être humain ?
Merci de me répondre. »
Amitiés.
Bonjour,
L’instinct de poursuite est effectivement désamorcé sitôt que le substitut
de proie (toi en l’occurrence), stoppe sa course. Ensuite et selon un
nombre de paramètres trop grand pour être détaillés (humeur du chien,
caractère, socialisation,perception territoriale, antécédents, etc), il
s’en retournera ou pas. En ce cas, ta posture, ta cinétique (ton déplacement),
ta trajectoire, la direction de ton regard et tes phéromones, c'est-à-dire
ton odeur, suivant qu’elle traduise ta peur ou ton assurance, inhiberont
ou déclencheront l’agression, ou bien encore la redirigeront (mictions).
Bref, postures et gestuelles humaines renseignent parfaitement le chien
et dans l’exemple que tu soulèves, deux réponses sont possibles :
ou tu prends une attitude dominante, (si tes phéromones sont contraires
à ton attitude, tes signaux seront ambivalents) ou alors neutre et soumise,
c’est à toi d’estimer, en «direct »...
Mais mimer leur langage pour mieux communiquer avec eux est opérant à
condition qu’ils ne soient pas sur- humanisés au point d’avoir leur mode
communicatif originel atrophié au profit du notre. C’est plus fréquent
qu’on l’imagine et j’observe souvent des chiens incapables de communiquer
avec leurs congénères. Les conséquences de cette incompréhension leurs
sont parfois fatales. Nous sommes responsables de cette anomalie, nous
qui à force de voir en eux ce dont on a besoin, à force de leur prêter
les sentiments qui nous arrangent (c’est si commode un chien), les dénaturons,
par égoïsme.
Sympathies, Dominique.
Je te remercie pour ta réponse compréhensible, nuancée et éclairante
!
Bon week end »
« Votre avis à propos de la « dominance » ?
« La dominance, vaste sujet, est une notion relative (un dominant
est un dominé par rapport à un plus dominant ou par rapport à son vainqueur).
C’est donc un état qui fluctue au gré des rencontres sociales. Au sein
d’un groupe établi ce statut est plus fixé et sa rigidité va dépendre
des modifications de la meute (arrivée à maturation sexuelle de certains
membres du groupe de même sexe, introduction d’un nouvel individu, vieillissement
etc.). Une dominance installée sera quasiment irréversible en l’absence
de circonstances du type de celles que je viens d’évoquer. Ceci vaut également
à l’intérieur d’un groupe hommes/chiens, où une domination trop fixée,
perdurera, dressage ou pas.
Mais paradoxalement, un chien au statut hiérarchique clairement supérieur,
posera moins de problèmes qu’un chien au statut hiérarchique ambigu. Dans
le premier cas l’organisation sociale est claire, les règles fixées par
le chien, définies et respectées, tout va bien, les interactions sociales
sont cohérentes et le chien prévisible. En revanche, des chiens aux maîtres
ambivalents, c'est-à-dire dont les attitudes autoritaires sont contrecarrées
par des attributions de prérogatives de dominants, vont conduire le chien
à estimer incohérent et instable le mode relationnel et à développer de
l’anxiété dans un premier temps, qui évolue souvent vers des agressions
par peur, qui vont effrayer les maîtres, ce qui renforcera les agressions
et les fixeront.
Pour en revenir à ta question, je dirai qu’observer chez ton chien une
tendance à contrôler l’espace territoriale accrue (installation prolongée
sur des lieux de passage, par exemple), des velléités d’interventions
dans les communications sociales où il n’est pas concerné (agitation lorsque
tu parles ou interagis physiquement avec une autre personne) , aboiements
agressifs quand tu le laisses et que tu n’es plus sous son contrôle, changements
de ses comportements alimentaires etc., doit t’alerter.
En ce qui concerne les paramètres relatifs au statut de dominant
(contrôle de l’espace territoriale, comportements alimentaires, lieux
de couchage etc), il faut les prendre en compte, certes, mais en dehors
des contextes de sociopathies ou des situations de « compétitions
hiérarchiques », ils sont à relativiser. Sinon « on vit plus »
et s’acharner à les faire respecter par des chiens sans soucis, pourrait
conduire ses chiens à devenir des chiens à problèmes.
Autrement dit, à vouloir tout régenter on freine l’essentiel, l’épanouissement.
Tout est affaire de mesure et de bon sens, de feeling.
Je conclurai en disant qu’avant de choisir un chiot, il convient d’analyser
objectivement notre propre caractère. Il est souvent à l’origine d’incompatibilités
futures, un chiot trop soumis sera vite une malheureuse carpette névrosée
sous l’influence d’un maître naturellement trop autoritaire et inversement.
Le choix du chiot, pas assez pris en considération, appelle bien des commentaires,
mais je crois que j’ai été suffisamment long déjà pour ne pas m’étendre
encore plus et abuser de votre attention
Sympathies, Dominique »
« Quelle formation conseillez-vous pour exercer votre activité...? »
« Bonjour,
J'ai fait un stage dans une école privée, voici presque 20 ans. Ce stage
a duré 6 mois et m'a permis de toucher du chien, c'est tout. Je veux dire
que je me considère comme autodidacte et que ce métier ne s'apprend pas
autrement qu'en se faisant les dents et en accumulant les cas.
Ceci vaut en matière d’élevage, de médecine vétérinaire, mais peut-être
encore plus en matière d’éducation et de comportementalisme, où chaque
cas peut remettre en question des principes que l’on pensait solides.
Mais comme je l’ai déjà écrit, plus j’en tripote, plus je m’y frotte,
plus je m’y perds...
A partir de mon expérience, c'est-à-dire ma banque de données, faite de
références (elles-mêmes sommes de cas similaires), je peux commencer à
objectiver certaines explications et solutions à des problèmes de comportement référencés.
Voilà à peu près où j’en suis, et mon
objectif est d’accroître mes comportements
référencés pour mieux affiner leur analyse.
Tout ça pour vous dire qu'il me semble plus "professionnel"
d'aller dans ce métier sans trop de principes appris qui conviennent à
leur auteur et nuisent au ressenti qui permet d'adapter
le métier à soi, plutôt que le contraire, ainsi on sait très vite si on
est fait pour lui.
Donc, lancez-vous... si vous ne rêvez pas d'or.
Ville, campagne, tout est bon avec une bonne voiture... Mon secteur géographique
va de Marseille à Orange et une partie du Gard... je fais 200kms/jours
en voiture et 80 kms à pieds/semaines !
Passez quelques jours avec un éducateur canin à domicile référencé, vous
verrez concrètement si ça vous convient.
Pour les modalités, le syndicat national des professionnels du chien et
du chat peut vous être utile.
Bien sympathiquement, Dominique Perrot »
« Dressage au mordant et agressivité »
« En ce qui concerne le dressage au mordant, je pense qu’il y a
deux approches. L’approche ludique et l’approche naturelle (exploitation
d’instincts déclencheurs de mordant).
L’approche ludique (mordant sportif), n’a rien à voir avec l’agressivité
(pas de séquence de menace, pas d’arrêt à la soumission mais à l’ordre
etc. C’est du dressage.
En revanche, si l’apprentissage utilise les aptitudes
instinctives, alors il doit créer les conditions
d’agressivité naturelle (substituts de proies à
défendre, de petits à protéger, de territoire
à garder). Là, les séquences comportementales
seront complètent : menaces, attaque et arrêt
à la soumission etc.
De ce point de vue le mordant est créateur d’agressivité, mais c’est une
agressivité naturelle et conforme à son but originel, la survie de l’espèce.
Mais la domestication a pu rendre ténue la frontière entre l’agressivité
normale et les dérapages.. donc prudence. »
Dominique.
« Cette question s'adresse essentiellement à Dominique, mais
que ça n'empêche pas d'autre personne de donner leur opinion !!!
Dans une expérience menée au zoo de Sain-Paul (Minnesota) par D. Mech
(The Wolf, Natural History Press, 1970), il a été montré que, chez les
loups, il existe un véritable droit de propriété pour celui qui s'empare
de la viande en premier. En l'espèce, un loup de 3ème rang pouvait prendre
le premier la viande et la défendre victorieusement contre les individus
dominants.
Je me posais donc la question au sujet des chiens en général et des
CsV en particulier : la relation à la nourriture est certes très importante
pour instaurer une hiérarchie, mais ne l'exagère-t-on pas ? Par exemple,
une fois donner la gamelle au chien, si celui-ci gronde ce n'est peut-être
pas toujours le signe d'une dominance latente ? Ceci dit, ce n'est qu'une
extrapolation sans doute simpliste. Du moins avec d'autres races que le
chien-loup tchécoslovaque, car celui-ci est censé se rapprocher plus du
loup que n'importe quel autre chien... »
Bonjour,
Abandonner à un plus dominant la proie acquise de haute lutte (contexte
sauvage) et abandonner à un plus dominant le steak gracieusement
offert par le maître (contexte de domestication), me semble deux
comportements de natures bien distinctes.
Qu’il y ait une sorte de droit de préemption dans le 1er cas, si
tu l’as lu et si ta source est sérieuse, je suis tout disposé à
le croire, mais je serai plus réservé quant à la configuration «
domestique », même si j’ai vu des dominés manger leur gamelles devant
des dominants intéressés mais non affamés comme si la satisfaction
de besoins vitaux désactivait les rapports hiérarchiques (Ce qui
va parfaitement à l’encontre des analyses éthologiques les plus
élémentaires et les plus avérées) Si y a pas de quoi rester modeste
!!!
A moins qu’économiser des agressions, si elles ne sont pas indispensables
à l’organisation du groupe, soit pris en compte dans leurs comportements
ce qui expliquerait que des mêmes situations déclenchent ou non
des agressions selon le moment où elles se présentent.
Un dominant affamé doit se nourrir prioritairement (il est plus
important pour le groupe qu’un dominé), s’il n’est pas affamé il
tolèrera qu’un dominé garde sa proie puisque son besoin (celui du
dominant) est faible donc pas vital pour lui, donc pas vital pour
le groupe. Je penche assez pour cette hypothèse qui n’engage que
moi.
Sympathies, Dominique.
PS: je confirme que la gestuelle seule peut suffire aux apprentissages
basiques.
( j'ai éduquer ainsi plusieurs chiens, soit parce qu'ils étaient
sourds, soit parce que leur maître était muet).
« X a dit : « l’absence de comportement paternel chez le chien (dans le domaine précis de sa sociabilité intraspécifique) semble être le seul ravage irrémédiable de la domestication... »...
Il y aurait « ravage » si la domestication éteignait des comportements
paternels directement nécessaires au développement des chiots. C’est à
dire que s’il manquait un apport paternel relatif à la sociabilité intraspécifique
(donc pendant la période de socialisation), ce pourrait être effectivement
un « ravage ». Sachant que durant cette période, les interactions
chiots adultes mâles sont quasi inexistantes ou fortuites, il ne peut
résulter à ce niveau en tout cas, de « ravages » dus à l’absence
d’adultes mâles.
C’est à partir du sevrage qu’une présence d’adultes (mâles ou femelles,
peu importe) va manquer ou non (mais pas au niveau sociabilisation intraspécifique,
plutôt au niveau codes canins et hiérarchie), suivant que les nouveaux
maîtres vont correctement ou non se substituer à la mère du chiot et plus
généralement aux congénères adultes.
Si oui, l’acquérir à partir de 6 semaines me paraît opportun, si non,
le laisser quelques semaines de plus à l’élevage (sous réserve que celui-ci
soit enrichissant) est un moindre mal.
Dominique.
« Obligée de la mettre en cage lors de mes absences (elle détruit tout) »
Bonjour ,
Peut-être as-tu épuisé toutes les « thérapies », mais au cas
où...
Un caniche de 3 ans, destructeur de l’appart quand sa maîtresse s’absentait
s’est calmé grâce à un fond sonore (radio allumé).
Un autre, qu’on isolait dans la salle de bain par peur de dégâts, s’est
montré sage et calme parce qu’on lui a permis l’accès à toute la maison.
Un autre s’est calmé grâce au vêtement
imprégné de l’odeur de l’être
d’attachement etc.
Un autre, par la présence d’un canari...( en ce cas il s’agissait d’une
anxiété de solitude et non pas de séparation) etc.
Pour résumer, l’attachement, qui consiste à remplacer la mère du chiot
lors de l’acquisition classique (vers 8 semaines) est indispensable à
son bon développement psychique. En pratique cela exige qu’une seule personne
interagisse avec lui, qu’il s’endorme dans les odeurs de l’être d’attachement...
mais vers 3 mois ½, 4 mois, il faut réaliser le détachement, c’est à dire
qu’il faut couper le cordon et que les autres membres de la famille s’occupent
de lui, finie l’exclusivité (ceci est possible pour une famille comportant
plusieurs membres). Ces deux phases essentielles sont rarement réalisées,
et pourtant elles sont d’importance. Soit la première est diluée parce
que tout le monde veut s’en occuper, soit la seconde est occultée, parce
qu’il est psychologiquement difficile de passer du fonctionnement humain
au fonctionnement canin et qu’on est souvent de ce point de vue égoïste,
mais c’est surtout la méconnaissance des besoins du chiot qui nous font
préférer le fonctionnement qui nous « arrange ».
Ne pas ritualiser départs et arrivées, c’est à dire ne pas s’excuser de
devoir le laisser, sous peine de créer un état de pré anxiété, et banaliser
nos retours et être neutre dans les deux cas est une règle à suivre.
Un chiot qui détruit tout ou qui hurle lors de l’absence de l’être d’attachement,
le recherche de manière obsessionnelle, désordonnée, hystérique, d’où
des dégâts éparpillés...
Le gronder au retour amplifierait l’anxiété qui le conduirait pour mieux
l’évacuer à faire encore plus de dégâts, c’est le cercle vicieux.
Si les dégâts ou pleurs et aboiements résultent
d’une anxiété de séparation, la
présence d’un autre chien n’y fera rien.
Il est facile de distinguer l’anxiété de
séparation de l’anxiété de solitude. Dans le
1er cas c’est la rupture de lien avec l’être d’attachement
qui provoque l’anxiété et la présence d’autres membres de la famille est
inopérante...
Dominique
« Un autre chien ? »
Pour ma part, je déconseille vivement deux chiens de sexe identique qui
s’entendent jusqu’à la puberté et se déchirent après...
J’ai très (trop) souvent constaté des cohabitations impossibles entre
chiens de même sexe.
Les mécanismes d’inhibition ne fonctionnent pas entre adultes de même
sexe pour des raisons évidentes.
Heureusement, et sous certaines conditions, la cohabitation est possible :
Si l’un des 2 est très dominant et l’autre très soumis, la hiérarchie
se fera sans heurts, à condition de ne pas la perturber en favorisant
le dominé. Une fois que tu as identifié lequel a l’ascendant, c’est celui-la
qu’il te faudra privilégier (caresses, nourriture etc. en premier). Beaucoup
font l’inverse « par pitié », et redéclenchent les conflits
en s’opposant aux lois naturelles...
S’il y a bagarre, intervenir, c’est empêcher l’établissement d’une vraie
(seule viable) hiérarchie.
S’ils ont appris les codes canins, le »perdant » enverra des
signaux de soumission qui stopperont l’agression.
Enfin il est bon que dans leur espace, un coin à l’écart soit aménagé,
il servira de refuge au perdant qui pourra éviter les zones dominantes.
Dominique Perrot.
Bonjour ,
Merci Dominique apparemment je ne me suis pas loupé avec mes 2 p'tits
gars car je fais exactement ce que tu as décris ,j'en suis content.
Volta est le dominant et je ne remets jamais en cause sa position vis
à vis de son frère .
Encore merci .
Amitiés.
Bonsoir,
Alors toutes mes félicitations si tout se passe bien et continue à se
bien passer, car ça n’est jamais une sinécure de bien faire cohabiter
ce petit monde sauvage...
La majorité de ceux qui régissent ces petites meutes
n’est contrairement à toi pas consciente qu’elles
sont à gérer avec un oeil canin et non humain
d’où de très fréquents appels de
détresse suite à de féroces combats quotidiens,
jusqu’à la mort parfois, où la séparation
déchirante, d’où mon discours
généraliste : « un mâle et une
femelle » (en plus, c’est tellement
complémentaire).
Dominique.
Quelle est la méthode d’éducation appropriée au Chien-loup Tchècoslovaque ?
Bonsoir,
J’ai éduqué beaucoup trop peu de CLT pour leur coller une méthode.
Par contre j’ai éduqué plusieurs centaines de BA, plusieurs centaines
de beaucerons, plusieurs centaines de rottweilers, plusieurs centaines
de labradors etc. et je n’ai toujours pas de méthodes raciales.
Pas plus tard qu’aujourd’hui, j’ai entamé l’éducation d’un rottweiler.
Je ne l’ai pas abordée avec un schéma « rottweilerien »en tête,
mais canin.
La complexité et la diversité des réceptivités sont telles que les imaginer
racialement cloisonnées risque de fausser l’approche et d’influencer les
méthodes au détriment du sujet, toujours unique et rendu encore plus unique
par son maître, lui-même unique (ce qui rend l’alchimie « maître/chien »
définitivement unique).
Personnellement, c’est cette alchimie, et non pas la race, qui détermine
ma méthode.
Sympathies, Dominique.
stériliser la chienne? mais pourquoi
beaucoup de monde n'a que ce mot a la bouche pour des commodités!
désolée d'être un peu agressive sur ce cou mais la vraiment ça m'énerve!
les chaleur c'est de 1 a 2 fois par an ! c'est pas la mort ou alors
si on est pas capable d'assumer cette période et bien il vaut mieux
laisser tomber
une stérilisation pour un pb de santé du chien OUI mais pour le
bien être du maître NON
enfin il est sur que mon avis n'a que peu d'importance mais il fallait
que je le dise....
Ton avis compte tout autant que les autres et si sur le fond, je le partage,
en pratique, contrarier la nature (dans ce domaine), ne me paraît
pas si scandaleux que ça.
Et personnellement, observer des chiennes en plein œstrus déambuler
en ville ou dans les campagnes avec tous les désordres que ça
peut occasionner, et se faire saillir et resaillir, se faire suivre par
des colonnes de mâles qui se battent,etc. me révolte plus
qu’une stérilisation.
Même le plus attentif des maîtres peut se faire avoir…
Il m’est arrivé une fois d’être inattentif à
ma chienne en plein cycle, le temps de faire réchauffer un café
(5mn), et de la retrouver collée à un chien qui avait déchiré
la clôture pourtant solide.
Sans aborder le problème des grossesses nerveuses et autres tumeurs
aux mamelles, la stérilisation (de préférence avant
les premières chaleurs), si elle permet d’éviter l’anarchie
des rues et des campagnes (accidents, bagarres, fugues, pertes…),
je suis pas contre.
Un gang de cambrioleurs suisses s’était fait la spécialité
de visiter des propriétés gardées par des molosses
féroces. Ils lâchaient une chienne en chaleur dans la propriété
et faisaient leurs affaires en toute tranquillité…
Dominique Perrot.
bonsoir en effet dans certains cas la stérilisation est peut
être une solution MAIS dans ce cas si les gens laissent divaguer
leur chiens et bien il ne fallait pas qu'ils en prennent tout simplement
de plus ce genre de proprio a mon avis n'acceptera pas plus de payer pour
une stérilisation que de faire attention a ne pas laisser divaguer
la chienne
Tu as raison, faire des frais et bien gérer ses chiens marchent
ensemble et les laisser divaguer à moindre frais trahit les mauvais
maîtres.
Je voulais simplement souligner que bon maître et soucis d’oestrus
peuvent cohabiter…
Amitiés, Dominique.
A quoi et comment pense le chien ?
Dans son traité « les animaux les plus avisés »,
Plutarque conte et déduit d’une observation :
Un chien qui balade avec son maître, le perd de vue par distraction,
à une intersection de 3 chemins. Le chien met le nez au sol à
l’entame d’un des chemins et n’y flairant pas l’odeur
de son maître, fait de même à un autre des chemins.
N’y flairant toujours pas son maître, il opte pour le dernier
chemin et s’y rue sans flairer et retrouve son maître.
Il a fait preuve de déduction, il est donc doué de raison….
Il est tentant de penser qu’il pense comme nous, et d’expliquer
ses comportements comme si c’étaient les nôtres. Malheureusement
ça ne tient pas la route et le commode anthropomorphisme mène
à l’incompréhension, qui mène aux problèmes.
A une époque, j’avais 3 BA qui vivaient à l’intérieur
de ma maison où ils se disputaient un emplacement particulièrement
confortable. C’était à qui s’y mettrait le premier.
Arianne la femelle avait mis au point une stratégie pour jouir
de ce privilège : elle simulait l’arrivée d’intrus
en aboyant furieusement tout en amorçant une course vers l’extérieur,
mais le regard tourné vers l’emplacement convoité.
Systématiquement, Verdun et Olaf, les mâles, tombaient dans
son piège en quittant le fameux emplacement pour à leur
tour sortir se rendre compte, laissant vacante la bonne place aussitôt
investie par Arianne, tordue de rire (là, j’en rajoute un
peu). Je ne sais pas si elle était la plus intelligente, en tous
cas elle était la plus maligne.
Un stimulus d’apparence anodine mais qui précède systématiquement
une satisfaction, va être réactionnel (exemple : le bruit
des clefs associé aux sorties). Là où j’observe
des degrés d’ « intelligence », (peut-être
qu’acuité observatrice conviendrait mieux), c’est le
stade où le chien se déclenche (il réagit sitôt
que je me dirige vers les clefs, donc avant le bruit) etc. Un peu comme
les très bons joueurs d’échecs qui prévoient
plusieurs coups à l’avance.
Finalement notre forme d’intelligence nous permet-elle d’évaluer
la leur…
Dominique.
« Bonsoir Dominique,
merci pour la leçon - édifiante pour moi, mais pour Salam,
impressionnante au point qu’il a dormi sans manger, bon, il a l’air
bien, mais je me sens mal !
bonne soirée
Monika »
Bonsoir Monika,
Rassurez-moi, Salam a récupéré de ses émotions
?
Nous n’avons pas affaire à un bout de bois, et qu’il
soit réactif (y compris organiquement) est positif, à condition
que nous procédions à des ajustements afin que l’éducation
l’éprouve juste assez pour qu’elle lui soit bénéfique
sans dépasser les limites fixées par sa sensibilité.
Mais ne pas l’éprouver du tout, reviendrait à brasser
du vent.
Je vais vous faire une confidence : ce que je « fais » à
mes élèves, je ne le ferais pas à ma chienne. Mais
le sachant, j’ai tout fait pour ne pas avoir à lui faire…
Quand je vous écrivais que la frontière entre l’obéissance
et la cruauté est diaphane, je n’exprimais pas une vue de
l’esprit, et vous apportez de l’eau à mon moulin.
On ne peut pas dire que je prêche pour ma paroisse, et pourtant
mes méthodes sont les plus douces possibles, et Salam me fêtera
jeudi… vous, je sais pas !
Très bonne soirée.
Dominique.
« Bonjour, pour quelle raison mon chien… »
Cherchez, par l’observation attentive et la réflexion, à
comprendre le pourquoi de ses comportements, c’est là qu’est
le plaisir !
Un philosophe grec (dont le nom m’échappe), invité
à un dîner, empauma une odeur citronnée.
Il s’excita à en découvrir l’origine, lorsque
la servante lui signifia qu’elle émanait de la corbeille
à pain qui avait accueilli des citrons, quelques jours auparavant.
Cette servante fût congédiée sur le champ par le maître
de maison, pour avoir interrompu le plaisir d’un invité de
marque…
Dominique.
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